La forêt semi-sèche, un écosystème menacé d’extinction

foret_secheLa forêt semi-sèche de La Réunion est un écosystème unique au monde, gravement menacé d’extinction. Autrefois présente sur l’ensemble de la côté ouest de l’île, elle ne survit désormais que sur moins d’1% de sa surface d’origine, soit quelques centaines d’hectares répartis en une multitude d’îlots plus ou moins isolés et dépassant rarement un hectare. Ces reliques sont réparties dans les ravines de la frange littorale ainsi dans les cirques de Mafate et Cilaos. Les vestiges les mieux préservés se situent sur le massif de la Montagne et plus précisément sur la zone de la Grande Chaloupe.

La caractéristique climatique principale de la forêt semi sèche est l’existence d’une période sèche de plusieurs mois. Les précipitations sont inférieures à 1800 mm/an et descendent parfois à moins de 500 mm/an. Les températures moyennes annuelles varient de 18° à 24°C.

Le massif de la Montagne est un grand massif « naturel » d’un seul tenant formant un gradient altitudinal continu entre les milieux côtiers et ceux de plus haute altitude. Il abrite les principales reliques de végétation semi-xérophile de l’île au niveau du site élargi de la Grande-Chaloupe (ravines comprises entre la Possession et le village de Saint-Bernard).

Répartition de la forêt semi-sèche avant l'arrivée de l'homme

Répartition de la forêt semi-sèche avant l’arrivée de l’homme

Répartition de la forêt semi-sèche de nos jours

Répartition de la forêt semi-sèche de nos jours (moins d’1% de sa surface originelle)

L’île de La Réunion est un « hot spot » mondial de la biodiversité, grâce notamment à une incroyable richesse floristique et un taux d’endémisme très élevé (27%). Sur les 850 espèces indigènes recensées sur l’île, 230 espèces sont ainsi strictement endémiques de La Réunion. Certaines d’entre elles sont en grand danger d’extinction et font déjà l’objet d’une protection par arrêté ministériel.
Le cortège floristique des forêts semi-sèches de La Réunion comportent 24 espèces protégées, dont 14 sont visées par les actions de renforcement biologique menées au sein du projet LIFE+ COREXERUN :
 

D’autres espèces ne bénéficient pas d’un statut de protection mais sont tout autant menacées :

  • le Latanier rouge (Latania lontaroides)
  • la Mauve (Abutilon exstipulare)
  • le Benjoin (Terminalia bentzoë)

>> Consulter la liste des 48 espèces réintroduites dans le cadre du projet LIFE+ COREXERUN.

Les associations faune/ flore sont nombreuses au sein d’un habitat. En milieu semi-sec, elles impliquent des espèces végétales endémiques fragiles. La dégradation de ces dernières entraine l’inévitable disparition de la faune qui s’y rattache. Le Salamide d’Augustine (Salamis Augustina) en est le parfait exemple. Ce papillon diurne endémique de La Réunion est un des plus rares de l’île. Sa fragilité provient de la raréfaction de son unique plante hôte, le Bois d’Ortie (Obetia ficifolia). Cette plante endémique des habitats semi-xérophiles de La Réunion est l’unique source de nourriture de ses chenilles.

A terme, un des objectifs du projet est de permettre d’observer à nouveau de telles associations entre la faune et la flore.

← Retour vers Enjeux écologiques